dimanche, août 30, 2026
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PolitqueOù va le Sénégal ? (Ibrahima Dione)

Où va le Sénégal ? (Ibrahima Dione)

Notre navire tangue en eaux troubles. Par la faute d’un capitaine sans gouvernail ayant oublié, le temps de deux mandats, que le pouvoir véritable appartient au peuple souverain. Cette amnésie, dont il n’est pas facile de se prémunir, rompt le contrat de confiance avec les gouvernés.
J’ai eu la faiblesse de croire, à un moment donné de notre histoire commune, que celui à qui nous avons confié les destinées de notre chère nation en 2012 était un homme plus juste que ses prédécesseurs. Comme George Bernard Shaw, j’estime que « l’honnêteté est la meilleure politique ».
Actuellement, je me noie dans un océan de remords quand je repense au sang versé par nombre de Sénégalais pour l’avènement d’une République débarrassée de la crasse qui la tient en otage. C’est injuste ! L’heure est grave. L’horizon sombre. Le chaos à portée de vue pour les esprits consciencieux.
Le capitaine peut-il éviter le naufrage ? À vrai dire, il ne fait absolument rien pour. Au contraire, il laisse sa cour de cupides laudateurs exécuter un agenda répugnant : éliminer à tout prix le principal leader de l’opposition de la course à l’élection présidentielle du 25 février 2024 et briguer un mandat anticonstitutionnel et immoral.
Hier, c’était l’affaire Adji Sarr. Aujourd’hui, le dossier Prodac. Dans un pays normal, celui qui se dit victime de diffamation aurait été entendu sur le fond du sujet pour que les milliards du contribuable ne passent pas par pertes et profits.
« Ce troisième mandat qui vous tente », brillamment condamné par Felwine Sarr, constitue l’unique menace pour la stabilité du Sénégal. N’avoir pas un dauphin naturel après onze ans de gouvernance, c’est un échec qui en dit long sur notre rapport avec le pouvoir qui égare les âmes impréparées.
Mais seul le Trône de Dieu résiste au temps imperturbable. Autour de nous, les exemples pour rappeler ce truisme foisonnent. Hélas, les larbins qui accompagnent le capitaine dans le voyage périlleux où nous sommes tous embarqués n’aident guère à maintenir le navire à flot.
Car depuis l’indépendance, l’intérêt supérieur de la nation a été sacrifié sur l’autel des privilèges particuliers. Pour continuer à jouir du pouvoir, les sangsues rétrécissent le champ de vision du capitaine à grand renfort de mensonges.*
Si la déconfiture sans précédent des élections législatives du 31 juillet dernier est minimisée, c’est parce que le tableau de fin de règne n’est guère beau à contempler pour ceux qui sont passés maîtres dans l’art de représenter leur intérêt propre comme étant l’intérêt général. Peine perdue !
Berner des citoyens, las d’espérer des lendemains meilleurs puisque abreuvés de promesses non tenues d’une « gouvernance sobre et vertueuse », est une équation insolvable. Naturellement, ils portent leur espoir sur un homme dont le discours est axé sur les préoccupations d’un peuple qui mérite d’être traité à la hauteur de ses sacrifices.
Il y a des hommes dignes, debout, qui se battent pour un idéal de société. Ces derniers n’ont pas de prix comme le bétail politique que l’on goinfre. Ressaisissez-vous capitaine ! Il n’est pas encore trop tard pour sortir par la grande porte. Des vies, sacrées si tant est qu’on croit au message divin, dépendent de vos actions.
Mieux que quiconque, vous savez que la chienlit guette tout pays dans lequel les lois les plus élémentaires sont foulées au pied par les institutions et personnes censées en garantir le respect strict. Il n’y a pas de paix sans justice. Il n’y a pas de justice sans éthique. Il n’y a pas d’éthique sans foi.
Commentaire Ibrahima DIONE, journaliste – analyste

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