Quelques heures après le verdict contre Ousmane Sonko condamné à deux ans de prison pour « corruption de la jeunesse », des scènes de violences éclatent au Sénégal.
Des jeunes ont brûlé des pneus et barré des artères de plusieurs quartiers à Dakar et sa banlieue. La contestation partie de l’Université Cheikh Anta Diop, a causé d’importants dégâts matériels. Une dizaine de bus a été brulée à l’Université de Dakar selon la radio privée Sud-Fm. Le chapiteau de la Faculté de droit a été incendié alors que les locaux de la Faculté de Lettres ont été saccagés.
Le Centre d’études des sciences et techniques de l’information (Cesti) qui forme des journalistes a été pris en partie les manifestants qui déversent leur colère sur une partie de la presse devenue le bras armé du régime en place. Le bus de l’établissement est incendié et d’importants dégâts matériels ont été notés.
Dans la périphérie de la capitale dakaroise, plusieurs quartiers ont manifesté leur colère. Des blindés de la police et de la gendarmerie ont été même brûlés par les jeunes en furie. Les Forces de défense et de sécurité ont été souvent dépassés par moment. Des morts ont été signalés à Ziguinchor, la région sud du pays, et à Parcelle, banlieue populaire de Dakar, ou un policier aurait succombé à ses blessures.
A l’intérieur du pays, des scènes de violences ont été notées à Mbour, Mbacké, Kaolack (Centre) et Saint-Louis (nord) du pays. Au sud à Ziguinchor, la contestation ne faiblit pas. L’armée aurait été déployée sur les lieux pour sécuriser la zone.
Quid d’Ousmane Sonko condamné à deux de prison ferme, 20 millions de dommages et intérêts et 600.000 fcfa de d’amendes pour « corruption de la jeunesse » ? Il est toujours assigné à résidence à la Cité Keur Gorgui dans sa maison. Ce procès présenté au départ comme une affaire affaire de « viol » suivie de « menace de mort avec arme à feu » a accouché d’une souris. Le leader de Pastef a été acquitté des chefs d’accusations de viol et menaces de mort et a été condamné pour « corruption de la jeunesse ». Selon le ministre de la Justice Ismaïla Madior Fall, « Ousmane Sonko peut être arrêté à tout moment ».
Une déclaration qui semble mettre les jeunes en état d’alerte maximale. Le pays est dans une tension extrême. Au moment où nous mettons cet article en ligne, Dakar s’embrase et les combats font rage entre manifestants et forces de défense.
L’élection présidentielle au Sénégal est prévue en février 2024. A cause de sa condamnation, Ousmane Sonko est « inéligible » selon un de ses avocats Me Bamba Cissé. Il rejoint Khalifa Sall, ancien maire de Dakar et Karim Wade broyés eux aussi par la machine judiciaire et condamnés respectivement pour escroquerie et détournement de deniers publics. Ces dernières personnalités politiques sont hors-jeu depuis leurs déboires judiciaires. En acceptant le dialogue national prôné par le président Sall, ils pourraient trouver des tours de passe pour retrouver leur éligibilité. Pour Ousmane Sonko, le salut passe la confrontation politique.



